Le veilleur de nuit de Turckheim
Évènement Publié le 09 Décembre 2014

Le veilleur de nuit de Turckheim

Il est 22 heures devant le corps de garde de Turckheim. Un homme en sort, vêtu d’une longue houppelande noire, tricorne sur la tête, corne autour du cou, lanterne à la main gauche et hallebarde sur l’épaule. Il entonne une drôle de mélodie alsacienne : « Ecoutez ce que je vais vous dire : la cloche vient de sonner 10 heures, prenez soin de l’âtre et de la chandelle, que Dieu et la Vierge nous protègent. Me voici de garde, Dieu nous donne à tous une bonne nuit. »

Le veilleur de nuit commence sa tournée. Il perpétue une tradition qui remonte au 16ème siècle et dont le premier objectif était de protéger le village de l’incendie. Il va tourner dans toutes les rues de la bourgade et effectuer seize arrêts au cours desquels il lancera son chant ancestral qu’il agrémentera de quelques  anecdotes historiques ou humoristiques : « Le veilleur de nuit, c’était le premier sapeur pompier. Les initiales sont s p. Vous savez ce veut dire s p en alsacien ? Sa prûle… »

Ce soir de l’Avent, ils sont une bonne centaine à le suivre dans les ruelles de la vieille cité déjà presqu’endormie. Aujourd’hui, c’est Louis qui est de service. Ses deux collègues, Marcel et Jean-Luc, le relaieront les autres soirs de décembre. L’arrière grand-père de Jean-Luc fut le dernier veilleur municipal de Turckheim en 1939. Ne leur dites pas que c’est du folklore. Pour eux, c’est simplement une tradition qui convient d’être préservée. Ils la font revivre tous les soirs du 1er mai au 31 octobre, et les 6, 13, 20 et 31 décembre. Avec pour ce dernier soir de l’année un horaire de circonstance : minuit, histoire de bien commencer 2015.

 

Thématique(s) :
Patrimoine
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