Au cœur du chocolat
Portrait Publié le 15 Avril 2015

Au cœur du chocolat

C’est l’histoire d’une rencontre entre une décision et un passionné. La décision, c’est une directive européenne de 2000 substituants dans la production du chocolat jusqu’à 5% du cacao par d’autres matières grasses végétales, telles que l’huile de palme ou l’huile de karité. La directive fait l’effet d’une bombe dans le petit monde du chocolat. Les chocolatiers alsaciens à la pointe du combat viennent frapper à la porte d’André Stengel, jeune retraité de l’Education Nationale, ancien proviseur et directeur du lycée et CFA Jean Geiler de Strasbourg, qui a vu passer des générations d’apprentis pâtissiers et chocolatiers et dont le papa était aussi pâtissier. Le passionné, c’est lui.

Avec ses amis chocolatiers et pâtissiers, une de leurs premières initiatives est de créer, en 2003, le Musée des Secrets du Chocolat à Geispolsheim, afin de « mieux faire connaitre aux gens ce qu’est vraiment le chocolat ». Et de rappeler que l’Alsace est aussi une terre de chocolat : elle est notamment la première région française exportatrice, grâce à Mars bien sûr, mais également aux 40 chocolatiers et aux 1400 artisans boulangers pâtissiers qui travaillent le cacao. Et en 2007, sur une idée des étudiants en BTS tourisme du lycée hôtelier d’Illkirch, André Stengel crée la Route du Chocolat et des Douceurs d’Alsace. Elle compte 40 adhérents du nord au sud de la région. Et aujourd’hui, les gourmands sont de plus en plus nombreux à prendre la route pour quelques jours, au rythme d’escales délicieuses chez les chocolatiers mais aussi quelques biscuitiers ou vignerons qui arrangent des mariages vin chocolat.

Voilà comment l’ancien proviseur s’est retrouvé plongé dans le chocolat. Et ça ne s’est pas arrêté à l’Alsace. Dans le cadre du développement de la filière du cacao au Vietnam, André Stengel, dont l’épouse est vietnamienne, crée Vietcacao en 2010 et installe un atelier de fermentation et de séchage des fèves de cacao avec un centre d’aide par le travail pour jeunes handicapés dans le delta du Mékong. Aujourd’hui, les fèves de cacao vietnamiennes sont travaillées par deux des meilleurs chocolatiers alsaciens : Christian à Strasbourg et Grimmer à Wintzenheim.

Et en fait, il en mange du chocolat André Stengel ? « Bien sûr que j’en mange. Je ne mange que du pur origine. Je mange même les fèves, quand elles sont fermentées et séchées pour les goûter. Vous savez le chocolat et ceux qui le fabriquent, du planteur de cacao à l’artisan chocolatier, a beaucoup de cœur. Je me suis toujours senti très à l’aise avec le chocolat. »

Thématique(s) :
Gastronomie Loisirs Patrimoine
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