Le renouveau de l’alsacien
Portrait Publié le 15 Novembre 2016

Le renouveau de l’alsacien

Jusqu’à l’âge de 18 ans, Adrien Fernique ne disait pas un mot d’alsacien. Né en Alsace, le jeune homme a grandi à Schiltigheim dans une famille qui ne parlait pas la langue. Et à 18 ans, le voilà pris d’une envie folle : apprendre l’alsacien. « J’étais attiré par cette langue chantante que j’entendais dans la rue. Ca m’intéressait. » Et il s’inscrit aux cours proposés par l’association Alsace-Junge fers Elsassische (AJFE) : 1 h 30 par semaine pendant trois ou quatre ans. Il y rencontre Bénédicte, complètement dialectophone, qui deviendra son épouse : forcément, il progresse beaucoup plus vite que les autres.

Et quatre ans plus tard, le voilà qui parle alsacien couramment. « Je rêvais en alsacien, je pensais en alsacien. » Mieux, l’alsacien devient son métier : il ouvre un cabinet de traduction franco-alsacien. Cet été, il a traduit la nouvelle bande dessinée « Strasbourg clé de l’Europe » pour les éditions du Signe. « J’ai adoré ce travail. Avec la langue alsacienne, on peut se permettre un peu plus d’humour, d’être plus mordant. » Et dans la petite famille Fernique, quand papa n’est pas au Musée alsacien où il travaille en tant que médiateur culturel, la première langue parlée est l’alsacien. L’ainée, 4 ans, le parle couramment. Et la seconde, 7 mois, n’entend que cette langue à la maison.

Adrien Fernique veut croire à l’avenir de sa langue préférée : « L’alsacien est la langue régionale la plus parlée en France, et de loin. 40% de la population parlent l’alsacien. L’espoir de la survivance de la langue, les Alsaciens l’ont en eux, c’est à eux, y compris aux jeunes, de reprendre le flambeau. » Et de s’en convaincre : elsassisch isch bombisch.

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