Père de champion
Portrait Publié le 28 Juin 2016

Père de champion

Ce lundi 27 juillet, Jean-Roch Herbert a regardé le match de tennis de son fils à la télé, chez sa fille. Son fils, c’est Pierre-Hugues Herbert, graine montante du tennis français, n°2 mondial du double avec son compère Nicolas Mahut, 83ème joueur mondial en simple. Résultat du match, premier tour de Wimbledon, face à l’Allemand Phillip Kohlschreiber (22ème  mondial) : victoire pour « P2H » en quatre sets.

A presque 60 ans, Jean-Roch Herbert a voué sa vie au tennis et à l’entrainement de son champion de fils. Ses premières balles, le père les a tapées à 10 ans : « A l’époque, on ne commençait pas si tôt que maintenant. » Et à 16 ans, il était déjà professeur de tennis. Après une année au Lawn Tennis Club de Strasbourg en 1989, il rejoint le Tennis Club de Lampertheim. C’est là que Pierre-Hugues, second d’une fratrie de trois enfants, a débuté. Le papa ne sait plus très bien quand il a vraiment commencé : « Il a toujours joué au tennis. Il a fait son premier tournoi, sur un grand court, avec de vraies balles à 4 ans et demi. Il était passionné de tennis. A 8 ans, il était dans les 10 meilleurs Français. »

Et en 2004, l’enseignant est devenu entraineur… de son fils. « On ne vit qu’une fois. La quête de l’excellence est exaltante. On a commencé à beaucoup voyager. On a découvert la concurrence. Très très vite, on a réalisé que c’était un projet de dingue. » Au début, tandis que Pierre-Hugues passait son Abibac dans un lycée de Kehl, les deux, le père et le fils, l’entraineur et le champion partaient une semaine par mois. Et puis ça s’est inversé, « on n’a pas cessé de voyager aux quatre coins du monde. » Le père était aussi l’entraineur, l’agent, le diététicien, le cordeur de raquettes, l’homme à tout faire… du fils. « On ne s’est pas tourné les pouces. C’est un boulot d’arrache pied. » Quelque fois ça grinçait un peu. « Etre en même temps père et entraineur, ça peut complexifier. Mais il y a énormément de complicité, de respect. On se soigne mutuellement. »

Au final, les deux ont appris ensemble : l’un à devenir champion, l’autre à devenir entraineur de champion. Depuis 2014, Pierre-Hugues vole de ses propres ailes. « Il a pris de la hauteur. Il gère très bien sa barque. Il est rentré dans le top 100 en jouant très peu. Son projet est totalement le sien », se réjouit son père, qui ne cache pas son ambition: « J’ai adossé mes propres rêves à ceux de mon fils. Mon rêve, c’est qu’il soit numéro 1 mondial en simple. A chaque nouveau succès, je revois les images des premiers tournois remportés dans l’anonymat.»

 

Crédit photo couverture: AFP / photos article : Jean-Roch Herbert 

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Sport
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