Lili vs Günther
Coup de Coeur Publié le 03 Décembre 2015

Lili vs Günther

Lili, c’est Lili Sohn, une jeune trentenaire née à Kolbsheim. Günther, c’est le surnom (presque affectueux ?) qu’elle a donné au cancer du sein qui l’a attaquée en février 2014 : elle avait 29 ans. Après des études d’art à Strasbourg et un IUT en graphisme à Haguenau, Lili a vécu 7 ans au Canada : chargée de communication dans une imprimerie d’insertion, graphiste chez Ubisoft, leader mondial des jeux vidéo… et Günther. Günther, c’est la touche alsacienne : « J’avais envie de choisir un prénom allemand car cela m’était propre. Les dresseurs d’animaux utilisent cette langue, il parait que c’est plus efficace. Et vu qu’il fallait que Günther s’en aille très vite ! »

Et pour qu’il s’en aille très vite, Lili fait appel à deux de ses talents : l’humour et la BD. Et elle créée son blog « Tchao Günther ». « C’était une forme de thérapie, une façon de prendre du recul sur ce qui m’arrivait. J’allais à l’hôpital une, deux ou trois fois par semaine, à tel point que l’application Uber a cru que l’hôpital était mon lieu de travail ! Le blog permettait à ma vie de trouver un autre rythme. » Aujourd’hui Lili a repris une vie « la plus normale possible » à Marseille, où elle travaille à son compte dans les domaines de l’illustration et du graphisme. Günther a été vaincu. Deux albums de BD ont été édités : « La Guerre du téton », le 1 sous-titré « Invasion », le 2 sous-titré « Extermination ». Le 3 est en préparation et s’appellera « Mutation ».

« J’ai découvert une mutation génétique. Je me suis transformée en Pokémon, raconte Lili mi sérieuse, mi comique. Je suis une version améliorée de moi-même avec des morceaux en moins. » Son blog et la BD l’ont-elles sauvée ? D’un certain point de vue, oui. « Je me suis fait un tas d’amis virtuels mais aussi en chaire et en os : ceux que je rencontrais lors de conférences ou de séances de dédicaces. J’ai aussi beaucoup de retours de chirurgiens, d’oncologues, qui me soutiennent. J’en suis très fière. » Et aujourd’hui, dans sa nouvelle vie marseillaise et « la plus normale possible », Lili continue de se battre pour elle-même et pour les autres. Elle milite notamment sur son blog pour un véritable droit à l’oubli bancaire, qui la pénalise au quotidien ainsi que les centaines de milliers de personnes qui ont contracté des maladies graves.

Et surtout, Lili continue de dessiner : « Bizarrement la maladie m’a permis de réaliser mon rêve : faire de la BD. C’est un cadeau mal emballé. » Un cadeau qu’elle est plus que jamais décidée à offrir aux autres… malgré l’emballage.

Crédits photo :  G&D Photography 

Illustration : Lili Sohn, couverture La guerre des tétons, tome 2 : Extermination.

Pour découvrir son combat cliquez ici 

Thématique(s) :
Entraide
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