L’arnica des Vosges aux petits soins
Coup de Coeur Publié le 03 Juillet 2017

L’arnica des Vosges aux petits soins

Le 21 juin dernier, jour du solstice d’été, avant même la levée du jour pour certains, une soixantaine de cueilleurs sont partis à l’assaut des chaumes du Markstein et des environs. Mission du jour : la récolte de l’arnica. La petite fleur jaune, de la famille des marguerites, est bien connue des sportifs ou des mamans : transformée en pommades ou en gélules elle guérit notamment les bosses, les foulures et soulage les courbatures. Or c’est au Markstein, sur les crêtes vosgiennes, que se trouve la plus belle concentration d’arnica d’Europe : en tout 120 ha surveillés comme le lait sur le feu par les six communes alsaciennes propriétaires de ces chaumes, le département du Haut-Rhin, les laboratoires pharmaceutiques, les cueilleurs… Ensemble, ils se mettent d’accord sur les bonnes pratiques de cueillette, les quantités à récolter et le jour de la récolte.

Car en 2007, l’arnica a bien failli disparaitre des sommets vosgiens. En cause, le chaulage des prairies par les agriculteurs afin d’augmenter la production de foin pour les bêtes. Problème : la chaux tue l’arnica. Et pour longtemps. Tout le monde s’est retrouvé autour d’une table et « aujourd’hui l’entente est bonne entre les pistes de ski et surtout les agriculteurs, qui ne chaulent plus et attendent la cueillette pour mettre leurs bêtes et faucher », se réjouit Clément Urion, un des associés de la Ferme du Bien Etre, à Gérardmer, représentant les cueilleurs vosgiens. Cette année, la récolte a duré trois jours et a livré entre 8 et 10 tonnes de fleurs. Toute la plante est cueillie en veillant à laisser un plan tous les grands pas, soit environ 1,30 m, afin de préserver la ressource. Le cueilleur la stocke sous son bras et constitue des bottes dont il remplit de grands sacs de toile de jute.  Les grands laboratoires pharmaceutiques sont les principaux clients : l’arnica fraichement cueilli le matin au Markstein est traité dès l’après-midi par Wéléda, à Saint-Louis. Les herboristes de Bleu Vert Vosges sont aussi attentifs au bon déroulement de la cueillette : c’est souvent pour eux un substantiel complément de revenu. « C’est d’ailleurs son intérêt économique qui a permis de sauver l’arnica du Markstein », souligne Clément Urion.

Au-delà de cette valeur économique, l’arnica est aussi un témoin de la bonne santé des chaumes : qui dit arnica dit pensées des Vosges, orchis… bref la richesse florale des Hautes Vosges qui n’ont rien à envier aux alpages des Alpes.

 

 

Thématique(s) :
Environnement
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