L’apiculteur du Neuhof
Portrait Publié le 04 Mai 2015

L’apiculteur du Neuhof

« Regardez cette abeille rousse comme elle est belle. » Dans une vaste clairière de la forêt du Neuhof, juste après le Rhin Tortu, Jean-Claude Moes est en train de préparer les nouvelles ruches, qu’il enverra dans quelque temps au milieu des grandes forêts vosgiennes, où les abeilles produiront le miel de sapin de l’année. Avec trois étudiants du lycée agricole d’Obernai, Jean, Laetitia et Lorenzo, il sépare les essaims : ensemble, ils prélèvent des cadres bien garnis dans d’anciennes ruches d’élevage en prenant soin de laisser la reine, ils les placent dans une nouvelle ruche et ils ajoutent une larve de reine, élevée dans une ruche spéciale. Le travail est calme et précis, les abeilles volent calmement autour des apiculteurs sans qu’il soit besoin de trop user de l’enfumoir.

Jean-Claude Moes n’a pas toujours été apiculteur. Titulaire d’un troisième cycle de gestion de l’université Louis Pasteur, à Strasbourg, il a d’abord travaillé une vingtaine d’années dans l’informatique. « Et un beau jour, j’ai claqué la porte de la ss2i que j’avais contribué à remonter, et je me suis lancé dans l’apiculture. Enfant, je rêvais plutôt de viticulture. Et finalement je me suis pris de passion pour les abeilles. » Il troque sa R25 et son costume contre une fourgonnette et une combinaison d’apiculteur, s’installe au Neuhof et se forme sur le tas.

Une vingtaine d’années plus tard, il se souvient : « Ca a été fou. J’ai dû tout apprendre par moi-même. J’ai dû me battre contre la mortalité des abeilles, l’instabilité due aux aléas climatiques… Je suis toujours sur le fil. » Jean-Claude Moes est un apiculteur transhumant : il déplace ses ruchers en fonction de ses miellées. Avec près de 300 ruches, il produit du miel de fleurs, de tilleul, de forêt, de châtaigner, d’acacia et de sapin, qu’il vend lui-même sous la marque de « la ferme apicole du Neuhof », sur les marchés de Strasbourg, trois matinées par semaine.

Et quand il n’est pas auprès de ses abeilles ou sur les marchés, le dernier apiculteur professionnel de Strasbourg forme les apiculteurs de demain à l’Université Populaire. Et pour les accompagner, il a créé l’association apicole de Strasbourg (Asapistra) qui compte aujourd’hui 130 membres, lesquels ont installé près de 500 ruches sur tout le territoire de la CUS : sur les toits de la mairie de Schiltigheim, de Rivétoile, de la CPAM, à Fegersheim, Ostwald, Lampertheim, ou dans le parc de l’IUFM à Strasbourg…


Crédit photo: Jean De Miscault

Thématique(s) :
Environnement Gastronomie
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